Laureen DELHOMME : D’une passion, elle en fait son métier « Créatures de Lau »

Laureen Delhomme est à la tête d'une micro-entreprise à l'activité originale : la création de costumes de sirène. Obstinée et battante, elle a affronté tous les vents contraires pour faire aboutir son projet.

Elle est habituée aux petits sourires en coin lorsqu'elle évoque son métier. Il faut dire que son activité est plutôt originale : elle est créatrice de costumes de sirènes. Mais sa détermination et le professionnalisme qu'elle déploie pour réussir, laissent très vite la place au respect. « Je reconnais que ce n'est pas banal comme activité, mais ce n'est pas une lubie », se justifie Laureen.

Se justifier sans arrêt, Laureen ne cesse de le faire depuis qu'elle a eu cette idée. Et notamment ses derniers temps auprès des médias attirés par la particularité de son activité. Pour autant, elle ne se départi pas de son sourire toujours ravie de partager sa passion et consciente des opportunités qui s'ouvrent à elle. « C'est compliqué d'être précurseur, je dois continuellement expliquer, ré-expliquer ma démarche pour arriver à convaincre. Alors qu'il y a un vrai marché qui est en train d'éclore en France. » Aux Etats-Unis, celui-ci est très florissant depuis plusieurs années, grâce aux "mermaiding". Il s'agit d'une discipline aquatique qui consiste à nager avec une queue de sirène équipée d'une monopalme.« Là-bas, de nombreux professionnels vivent de la fabrication de costumes. Ce loisir commence à se faire connaître chez nous : des clubs de natations proposent, de façon un peu confidentiel, d'essayer cette pratique ; une professionnelle fait des shows à l'aquarium de Paris et des particuliers s'y mettent. »

La BRDE : une reconnaissance

Convaincue qu'elle a une carte jouer, malgré les fortes réticences qu'elle a rencontré, à 28 ans, Laureen n'a pas hésité à monter sa micro-entreprise baptisée : Créatures de Lau.  

Ce projet elle l'a en tête depuis longtemps« J'ai toujours était passionnée par les costumes et les univers fantastiques ». Pourtant aux moments du choix de ses études, c'est vers la gestion qu'elle s'est orientée. « A mes yeux, il était important d'avoir un bagage solide en gestion et comptabilité pour être chef d'entreprise. » Aussitôt son bac sciences et technologies gestion et comptabilité financière d'entreprise en poche, elle s'est inscrite à la formation de technicien des métiers du spectacle, spécialité habillage au lycée Saint-Joseph de Bressuire. Et tout naturellement, pour le projet de fin d'études, elle a réalisé une queue de sirène. « J'ai eu du mal à faire accepter l'idée, il a fallu que je bataille auprès des professeurs. » Avec cette réalisation, son idée d'entreprise a véritablement pris corps.

Mais faute de moyens à l'époque, elle a accumulé les petits boulots avant de se lancer dans l'aventure de la création d'entreprise.« J'ai profité d'un congé maternité pour entamer des démarches. » La formation CréaJeunes de l'ADIE, qui propose des modules collectifs, de coaching individuel et d'action de mise en réseau, l'a conforté dans l'idée de sauter le pas. Elle a également obtenue auprès de ce dernier un micro-crédit.« Sans ce prêt, il aurait été difficile que je créé ma structure, aucune banque ne m'aurait suivi ». En outre, elle continue d'être accompagnée par l'ADIE. 

Elle a également obtenu via le CAPEE, qui l'a aidé à la concrétisation de son dossier de candidature, 2000 € de la Bourse régionale désir d'Entreprendre. « Au-delà de la somme, je considère cette bourse comme une reconnaissance sur la viabilité de mon projet de la part des professionnels de la création. C'est important, trop souvent j'ai été seule à y croire. »

Des costumes sur-mesure

Les costumes qu'elle confectionne sur-mesure sont réalisés soit en tissus soit moulés en latex. En fonction de la complexité du travail, le coût d'une queue de sirène va de 100 € à 350 € pour les costumes en tissu qu'elle réalise aussi bien pour les enfants que pour les adultes, et jusqu'à 900 € pour les costumes moulés en latex qui sont actuellement au stade de prototype chez Laureen. Aux Etats-Unis, les créateurs vont même jusqu'à proposer des costumes en silicone pouvant atteindre les 3000 €. Et les commandes commencent à arriver. Laureen n'est toutefois pas toute seule sur le marché, mais la concurrence reste limitée et elle se fait en bonne intelligence. « On se connaît tous, nous sommes en lien sur internet. Nous échangeons régulièrement à travers le groupe Facebook « Sirènes et Tritons de France » sur lequel se réunissent créateurs et passionnés. Pour des grosses commandes ou événements de types salons, rencontres, festivals..., nous pourrions tout à fait nous réunir et collaborer ensemble si cela est possible ».

Elle a également développé une autre activité : les queues de sirènes pour poupée. « Je suis énormément sollicitée sur ces produits. » Comme son marché est international, toute sa communication est basée sur les forums et réseaux sociaux, notamment facebook où elle est très active. Elle a déjà vendu en Allemagne, Norvège, Angleterre et même aux Etats-Unis.

La jeune femme ambitieuse a plein de projets pour son entreprise : « lancer des animations autour du mermaiding, développer des partenariats avec des clubs de natation et à long terme embaucher une personne. » Un vrai poisson dans l'eau de la création...

Contact :http://creaturesdelau.pagesperso-orange.fr ou sur facebook : laureen la sirène