Un bénévole à l'épicerie solidaire "Fleur de Buis"

Jacques est né en Sicile il y a 62 ans. Il grandit dans le restaurant de ses parents, jusqu'au jour où une rencontre amoureuse le fait voyager jusqu'en France. A peine majeur, il se marie, et sa vie d'adulte démarre à Saint-Benoit. Mariage, enfants, divorce, remariage, travail, deuils...l'existence de Jacques déroule son fil pas toujours tendre au gré des tempêtes et des joies. 

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C'est lors d'une discussion avec une amie que Jacques entend parler de l'épicerie sociale Fleur de Buis. Il est alors juste retraité, habite Buxerolles et cherche un endroit où s'investir et rencontrer du monde. La rencontre avec l'ancienne responsable de l'épicerie, Elisabeth Gendronneau, est le déclic. Le début d'une belle histoire d'amitié, aussi. « L'épicerie m'a permit de tisser des liens très forts avec certaines personnes... »

La convivialité est un élément important dans l'engagement bénévole. Des repas et des événements  organisés par l'épicerie (voyage à la mer, randonnées, jardinage, braderie...) sont des occasions de renforcer la bonne ambiance de l'équipe. Le seul point négatif est l'âge plutôt avancé des bénévoles, confie Jacques : « il y a des charges lourdes à porter, ce n'est pas toujours facile physiquement alors des jeunes personnes seraient les bienvenues ! ».

Le lundi et le mercredi matin, une fois tous les quinze jours, avec les autres bénévoles, il va chercher les produits à la banque alimentaire et les met en rayon dans l'épicerie. Le mercredi après-midi et le jeudi matin, Jacques s'occupe de l'accueil des bénéficiaires. Même si les bénévoles alternent leur poste à l'épicerie (accueil, vente, caisse) Jacques reste très attaché à l'accueil. Il met tout son enthousiasme dans ces petites discussions volées au temps où un mot, une phrase, permettent de faire venir un sourire sur les visages. « Les gens ont parfois honte d'être là, alors je les mets à l'aise, on parle, j'aime pouvoir les faire rire. »

« Je n'avais jamais fait de bénévolat avant » raconte Jacques. Mis à part son statut de pompier volontaire d'entreprise pendant sa carrière d'ouvrier dans une usine classée Seveso. Ses yeux s'illuminent lorsqu'il explique qu'il faisait partie de la quinzaine de pompiers chargés d'intervenir pour les débuts d'incendies ou les explosions du site. « C'était une montée d'adrénaline, nous quittions notre poste de travail et nous devions agir vite. Il y avait des entraînements tous les mois. C'était une fierté d'occuper ce poste. »

Le petit Giacomo de Palerme est devenu Jacques de Buxerolles. Un grand-père avec un léger accent chantant et une histoire de vie comme une autre : c'est à dire exceptionnelle.




Claire Marquis