L'éducation populaire à l'épicerie

Ancienne formatrice en animation, puis consultante en insertion, ou encore responsable du développement associatif dans une fédération, et ex-directrice d’un centre social en banlieue parisienne, Michèle Dominguez a rempli sa besace d’expériences dans le milieu social avant de poser bagage aux Couronneries. Depuis janvier 2010, elle occupe la fonction de coordinatrice responsable de l’Eveil, épicerie sociale et solidaire.

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Cela recouvre une myriade de tâches aussi diverses et variées que la gestion du personnel bénévole, l’inscription des bénéficiaires, le lien avec les travailleurs sociaux, la gestion des stocks, la mise en place d’ateliers, la demande de subventions…Mais ce qui anime particulièrement la responsable de cette grosse épicerie -fréquentée par presque 500 personnes par semaine- c’est le rapport humain et la transmission. Michèle se revendique pleinement issue de l’éducation populaire. Au plus près du public qu’elle côtoie, elle souhaite véhiculer la triade « savoir, savoir-faire, savoir-être ».

 

Une fois par mois, Michèle anime une commission « épicerie » où est conviée la trentaine de bénévoles. Il s’agit d’un temps privilégié pour proposer des nouveaux projets, discuter du fonctionnement et lancer des idées. Ainsi, les ateliers « cuisine » ou « fabrication de lessive » ont vu le jour. Des besoins en terme d’accompagnement ont émergés et se sont traduits par la mise en place de permanences de la Mission locale d’insertion, de la Caisse primaire d’assurance maladie ou encore de l’association AIDES. Lors de ces réunions, comme lors du travail à l’épicerie, Michèle veille à ce que le respect et l’écoute mutuelle soient de mise. « Parler est un besoin et écouter est un art »,  aime-t-elle rappeler.

 

Les bénévoles de l’Eveil sont aussi, en grande majorité, des bénéficiaires de l’épicerie. Trois demi-journées par semaine ils mettent en place les produits, nettoient les frigos, accueillent les personnes, préparent le coin café ou s’occupent du jardin bio situé aux Trois-Cités. Mais il n’est pas rare qu’ils reviennent en dehors des journées de vente, pour sortir de chez eux, rencontrer du monde, échanger quelques confidences, recharger leur portable. L’Eveil est devenu un véritable lieu de vie, réchauffé hiver comme été par la chaleur humaine de Michèle.

 

 

 

 

Claire Marquis