Carnet de travail

Le Carnet de Travail : Un outil au service de l’insertion et la qualification des personnes éloignées de l’emploi

C’est depuis le 4 juillet 2006 que le Carnet de Travail a fait son entrée officielle au sein des 11Structures d’Insertion par l’Activité Economique (SIAE) de la Communauté d’Agglomération Grand Poitiers. Cet outil  présente un caractère unique et original puisqu’il s’agit du premier outil conçu et élaboré de manière commune pour et par les 11 SIAE adhérentes au CAPEE :

  • Chantiers d’insertion : VALORIS TEXTILE, POURQUOI PAS LA RUCHE, l’EVEIL, CAP VERT et TOIT DU MONDE
  • Entreprises d’insertion : SITA REBOND, TREMPLIN et EIVE86.
  • imagefOz5ybRégie de quartier : INSERSUD
  • Association intermédiaire : SATE 86,
  • Entreprise de Travail Temporaire d’Insertion : JOB’INTERIM

1 - Historique et contexte de la démarche de création du Carnet de Travail

Avant toute chose, il est important de souligner que la réflexion menée sur le Carnet de travail a été initiée par les structures du réseau mobilisées autour des questions d’emploi et d’insertion socio professionnelle sur le territoire Grand Poitiers.

Le CAPEE a ici joué son rôle d’accompagnateur et de facilitateur entre ces différentes structures qui, à partir de besoins et constats communs, ont décidé de travailler de concert sur la création d’un outil commun.

C’est à partir des différents besoins exprimés par les SIAE, soucieuses d’améliorer l’accueil des salariés en parcours d’insertion (soit de 700 à 800 personnes/an), que les groupes de travail ont travaillé.

Ces besoins relevaient alors de 3 ordres :

    •  Besoin de valoriser la personne salariée au travers son emploi.
    •  Besoin de créer un  livret d’accueil pour donner des éléments d’information sur la structure employeur (ses objectifs, ses missions, son organisation, ses services)
    •  Besoin de formaliser des outils de suivi valorisant l’expérience acquise dans la SIAE (fiche d’évaluation technique sur les savoirs, savoirs faire, savoirs être, attestation d’activité, VAE,…).

            Parallèlement à ces besoins, les acteurs socioprofessionnels ont aussi pointé la nécessité de prendre en compte des informations communes à l’ensemble des structures qui présentent une utilité pour leurs personnels salariés ; sous la forme d’un tronc commun concernant la législation du travail, la formation, la santé, l’hygiène, la mobilité et les services existants sur le territoire Grand Poitiers.

            C’est à partir de ce constat que depuis mars 2003, un groupe d’acteurs, (accompagnateurs socio professionnels, directeurs,…) issu des 12 SIAE, a décidé de coopérer pour concevoir et d’utiliser de manière collective un document unique regroupant ces différents besoins et informations. Bien que la dimension collective soit primordiale, les acteurs se sont attachés à conserver une certaine souplesse d’utilisation afin de pouvoir adapter l’outil au projet et aux besoins spécifiques de chacune des 12 SIAE.

2 - Le Carnet de travail est au service d’une vision positive et dynamique de l’insertion  partagée par l’ensemble des acteurs

La volonté des concepteurs est de mettre en place et d’utiliser un outil destiné en priorité aux personnes en parcours d’insertion (600 à 700 personnes suivies/an) en s’appuyant sur :

La formalisation des expériences acquises dans les structures qui permet :imageC59Gdr

    • d’enrichir le CV,
    • de mettre en valeur les expériences de travail au sein des SIAE
    • de donner des repères au salarié
    • de faciliter l’intégration au sein de l’entreprise.

Les facteurs de réussite de la personne (au lieu de ne retenir que se qui pose problème)

 Les acteurs veulent ainsi privilégier une conception de l’accompagnement social qui est centrée sur la mise en mouvement de la personne.

Le choix d’un nom chargé d’histoire qui manifeste aussi la volonté des acteurs d’inscrire leur démarche dans la continuité des pratiques et expériences qui ont et qui font encore la richesse de l’économie sociale. Il s’agit d’une référence directe au carnet de travail qui était utilisé jusqu’à la fin du XIX ème siècle dans certaines corporations et qui perdure encore actuellement chez les compagnons. Ce Carnet de Travail remis à chaque ouvrier permettait de retracer la progression de son parcours de formation. Actuellement, il sert aux aspirants compagnons à prouver la réalité de leur tour de France. Restait à définir un support qui dans sa structuration reflète cette vision.

3 - Un outil qui est structuré pour favoriser le développement des capacités individuelles des personnes

En adoptant un classeur personnalisable, qui est remis à chaque salarié en poste d’insertion, les acteurs ont voulu avant tout développer les capacités individuelles des personnes. Notamment en s’appuyant sur différentes informations répertoriées comme :

    • Des documents d’évaluation valorisant les expériences acquises, des fiches techniques  sur les compétences.

    • Des informations propres à la structure d’accueil (organigramme, trombinoscope)

    • Un tronc commun d’informations sur : la législation du travail, l’hygiène, la santé.

Les objectifs directement poursuivis sont l’appropriation par le salarié du Carnet de Travail comme un guide où il pourra consigner des informations qui lui sont utiles lors de son parcours professionnel et ainsi valoriser des productions d’écrits au travers d’un document commun à l’ensemble des structures.

Le choix du classeur comme support permet au salarié de garder le même outil lorsqu’il passe d’une structure d’insertion à une autre.

Les objectifs indirects :

Renforcer les relations de travail, d’échange entre structures et ainsi faciliter le parcours d’insertion des bénéficiaires.

Développer les outils d’évaluation visant à valoriser le parcours d’insertion du salarié.

Simplifier, uniformiser et regrouper des informations utiles à la personne.

De l’importance du support comme facilitateur de la démarche les acteurs ont privilégié :

    • Un outil pratique, visuel, facile d’utilisation pour les personnes ;
    • Un outil solide et modulable sous format classeur A4 permettant d’actualiser l’information  et offrant des repères sur le territoire : carte du réseau des bus et des SIAE sur le territoire de la CAP.

Le carnet de travail est structuré en 5 parties

    • 1ère partie    :   « Se repérer dans ses compétences »
    • 2 ème partie :   « Se repérer dans sa structure »
    • 3 ème partie :   « Se repérer dans le réseau »
    • 4 ème partie :   « Se repérer dans la législation »
    • 5 ème partie :   « Mes outils »

« se repérer dans ses compétences » : cette première partie regroupe des éléments valorisant le parcours d’insertion de la personne. Elle contient notamment une grille d’évaluation des savoirs faire acquis durant la période d’emploi, ce qui va permettre au salarié de valoriser ses compétences  lors de ses recherches d’emploi comme le Portefeuille de compétences, le référentiel coopératif de la dynamique d’une personne en insertion (utilisation de la méthode « écarts »), les Attestations d’activité.

L’évaluation est effectuée en binôme par l’accompagnateur social et par l’encadrant technique, en présence du salarié. Cette rencontre devrait avoir lieu plusieurs fois au cours de la période d’emploi et ce afin de constater les progressions du salarié et de valoriser ce dernier quant à son évolution.

Objectifs poursuivis : Valoriser la qualité des parcours

Développement et reconnaissances des compétences

Il est important de souligner que les informations figurant  dans cette 1ère partie ne peuvent être communiquées à des tiers sans l’accord des bénéficiaires.

    • « se repérer dans sa structure » : cette partie diffère selon chaque structure, puisqu’il s’agit de présenter au salarié la structure qui l’emploie. On y trouve une brève présentation historique de la structure, un organigramme, le règlement intérieur… Les élément ci présents correspondent à ce qui est attendu dans un carnet d’accueil.

    • « se repérer dans la législation » : cette partie est commune à chaque structure. Il s’agit d’apporter des informations concernant la législation du travail, mais aussi une description explicative de la fiche de paie, ainsi que des informations liées à l’hygiène ou encore la sécurité.

Un soin tout particulier a été apporté afin que le droit du travail y soit abordé de manière pédagogique.

    •  « adresses utiles et se repérer dans le réseaux » : Il s’agit ici d’apporter au salarié des adresses utiles pour faciliter sa démarche d’insertion. On peut ainsi trouver les autres SIAE, les structures oeuvrant en matière de logement, de mobilité, les épiceries sociales, des administrations…

    • « Mes outils » : cette partie contient un agenda, une carte de la CAP pour :

      • Permettre au bénéficiaire d’identifier les SIAE sur la Communauté d'Agglomération Grand Poitiers
      • Donner des repères  et des adresses utiles
      • Aider au développement de la mobilité et à l’autonomie